GISÈLE HALIMI 70 ans de combats pour les femmes !

GISÈLE HALIMI 70 ans de combats pour les femmes !

 Droit à l’avortement, criminalisation du viol, loi sur la parité, lutte contre les violences faites aux femmes, débat sur la prostitution… Gisèle Halimi a été de tous les combats et à l’avant-garde, en tant que femme, avocate, citoyenne engagée et militante féministe. Hommage à une grande Dame à qui nous devons tant !

NE JAMAIS SE RÉSIGNER
Le fil rouge de son existence comme de tous ses combats a toujours été le refus absolu de la résignation : depuis
son enfance pauvre dans la Tunisie des années vingt-trente jusqu’à la femme mûre, épouse, mère et grandmère, en passant par son émancipation quand, jeune fille, elle réussit à arracher à ses parents l’autorisation
de partir étudier seule à Paris. Ce sera le début d’une existence libre et engagée politiquement. Un parcours
riche en rebondissements et anecdotes avec, en toile de fond, toute l’histoire politique française de ces dernières décennies.

NE JAMAIS DÉPENDRE
D’UN HOMME

Née Zeiza Gisèle Elise Taïeb, le 27 juillet 1927 à La Goulette, en Tunisie, « Bardeau », si bien que ses parents
cachent sa venue au monde pendant trois semaines, faisant croire que sa mère n’a toujours pas accouché. Toute sa jeunesse, elle voit sa mère totalement dépendante de son père. A 12ans, sa résolution est prise : jamais elle ne dépendra d’un homme. Alors, elle décide d’apprendre, de lire tous les ouvrages qu’elle trouve, bref de s’éduquer elle-même.

AIDE-TOI, LE CIEL T’AIDERA

Encouragée par son institutrice, Gisèle Halimi s’inscrit à un concours qui lui permet d’obtenir une bourse
qui l’exempt des frais de scolarité. C’est ainsi qu’elle entre au lycée et réussit d’année en année à conserver cette bourse pour arriver jusqu’au Bac, qu’elle décroche à 17 ans. Grâce à des cours qu’elle donne à des élèves
en difficulté, elle part à Paris – son rêve – où elle suit des études de droit et prête son serment d’avocate en 1949, à l’âge de 21 ans.

SON MÉTIER COMME UN SACERDOCE

Depuis l’enfance, la vie de Gisèle Halimi est donc une fascinante illustration de sa révolte de « fille ».
Farouchement déterminée à exister en tant que femme dans l’Afrique du Nord des années 30, elle vit son métier comme un sacerdoce et prend tous les risques pour défendre les militants des indépendances tunisienne
et algérienne et dénoncer la torture.

BIO EXPRESS

Une vie d’engagements Née en Tunisie, cette forte personnalité affirme très jeune son intention de
surmonter les obstacles pour échapper à un rôle traditionnel qui lui serait assigné. Après ses études de droit, inscrite au barreau de Tunis puis de Paris, elle dénonce pendant la guerre d’Algérie les tortures pratiquées par des soldats français et défend des militants du FLN, notamment Djamila Boupacha. Signataire en 1971 du manifeste des 343 femmes déclarant publiquement avoir avorté et réclamant la légalisation de l’avortement, elle fonde la même année, avec entre autres Simone de Beauvoir, le mouvement féministe « Choisir la cause des femmes ». Son activité d’avocate et de défenseure des droits des femmes est marquée par des procès célèbres (procès de Bobigny en 1972, procès d’Aix-en-Provence en 1978) qui ont contribué par leur retentissement dans l’opinion publique à des changements législatifs majeurs (loi Veil sur l’IVG en 1975, criminalisation du viol en 1980). En 2006, elle poursuit aussi son action militante avec le projet dit de la « clause de l’Européenne la plus favorisée », visant à harmoniser les droits des femmes de l’Union européenne dans le sens des législations les plus favorables. Engagée en politique aux côtés de François Mitterrand, elle est élue députée de l’Isère (apparentée PS) en 1981, avant d’être ambassadrice de France auprès de l’Unesco en 1985-1986. En 1998, elle fait partie des fondateurs du mouvement
Attac (association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne). Gisèle Halimi mène aussi une carrière d’écrivain, comprenant à la fois des récits autobiographiques et des écrits sur son engagement au service de la cause des femmes. Elle nous a quittés le 28 juillet 2020 à l’âge de 93 ans.

Avocate plaidant envers et contre tout
pour soutenir les femmes les plus vulnérables ou blessées, elle s’engage en faveur de l’avortement et de la répression du viol, dans son métier aussi bien que dans son association « Choisir la cause des femmes ».

LIBERTÉ & VIGILANCE
AVANT TOUT

Femme politique insubordonnée mais aussi fille, mère, grand-mère, amoureuse… Gisèle Halimi vibre
d’une énergie passionnée, d’une volonté d’exercer pleinement la liberté qui résonne à chaque étape de son
existence. Sans se poser en modèle, l’avocate qui a toujours défendu son autonomie, enjoint aux femmes de
ne pas baisser la garde, de rester solidaires et vigilantes, et les invite à prendre le relai dans le combat essentiel pour l’égalité à l’heure où, malgré les mouvements de fond qui bouleversent la société, la cause des femmes reste infiniment fragile. Force est de constater, à l’heure des mouvements #metoo et Balance ton porc, qu’elle fut une pionnière sur toutes les nombreux sujets des violences faites aux femmes.

FÉMINISTE D’AVANT-GARDE

Dans son livre best-seller « Ne vous résignez jamais ! », l’avocate a livré une réflexion générale sur le féminisme, pleine de questionnements : « Comment devient-on féministe ? Existe-t-il un parcours type, une expérience, un enseignement qui métamorphose une femme ordinaire, « tranquille » (aurait dit ma mère),
en une révoltée, qui se veut pionnière d’un nouveau monde ? Après l’une de mes conférences, une jeune
femme m’interpella : « Mais vous personnellement, comment êtes-vous devenue féministe ? » Sommée de
m’expliquer. De raconter mon parcours particulier pour que chacune puisse induire le général, sans doute. Danger. Je ressentis le besoin de me lancer dans une réflexion introspective. Pourquoi une femme était-elle
dévaluée, sous-estimée, voire méprisée ou violentée parce que femme, et uniquement pour cela ? Je me suis ainsi acheminée – les circonstances de ma vie m’y aidant – vers une critique plus globale de ce monde. Mais
que l’on ne s’y trompe pas. C’est parce que ma souffrance de fille m’asphyxiait que je devins, instinctivement d’abord, féministe. »

AUTOPORTRAIT D’UNE IRRESPECTUEUSE

Dans ses « Mémoires », Gisèle Halimi a tenu à se retourner sur son passé. Celui d’une avocate irrespectueuse ,comme elle se définissait elle-même. Irrespectueuse des juges soumis au pouvoir ou aux « bonnes mœurs ».
Irrespectueuse des règles d’un Ordre des avocats trop « moral ». Elle fut d’ailleurs l’une des premières à féminiser le mot avocat et s’engagea en faveur des droits des femmes, exigeant le droit à l’avortement et la répression du viol lors de procès retentissants. Mais la vie de Gisèle Halimi, c’est aussi la solitude, les menaces de mort, l’éloignement de se jeunes enfants. Autant de difficultés et de douleurs qui l’ont intimement blessée mais ont également renforcé son désir de se battre jusqu’au bout.

LE COURAGEDANS SES VEINES

À travers ses différents livres que nous vous conseillons de lire, elle nous fait revivre ses défenses difficiles, exaltantes, mémorables, de sa première plaidoirie pour un voleur de pommes de terre aux grands procès politiques,
et les moments qui ont fait basculer la société. Une existence guidée par sa foi en l’égalité de tous les êtres humains et une soif de justice. Hommage à une grande Dame, à une femme révoltée, qui a fait de l’irrespect un synonyme du courage.

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