Elles ont choisi de donner leur corps à la science !

Elles ont choisi de donner leur corps à la science !

C’est une question que l’on peut tous se poser que l’on soit croyant ou non.
Une décision altruiste pour faire avancer la recherche médicale,
mais qui n’est pas toujours comprise par ses proches. Un point s’impose.

UN DROIT INDIVIDUEL

La loi française autorise de donner son corps à la science depuis 1887 année où elle pose pour chacun le principe de la liberté des funérailles. Ainsi, tout majeur ou tout mineur émancipé a le droit « de régler les conditions de ses funérailles, notamment en ce qui concerne le caractère civil ou religieux à leur donner et le mode de sépulture. » Faire don de son corps est donc un droit individuel qui exclut toute démarche familiale inverse après son décès.

ANNICK T.
Infirmière libérale,
62 ans, Paris XIe

Un acte utile
« Même si je n’étais pas infirmière,
j’aurais fait ce choix car c’est un acte
utile. Si nous étions plus nombreux à
prendre cette décision, la Recherche
médicale avancerait plus vite en
France. Je ne me crois pas plus
altruiste ou plus généreuse que
d’autres et je ne cherche pas à me
donner bonne conscience. Je crois
juste que notre corps n’est qu’une
enveloppe. Mes enfants l’ont compris
avec le temps et ils respectent mon
choix. »

UN DÉCISION
PERSONNELLE

Ce don consiste à donner son corps
au moment du décès à des fins d’enseignement et de recherche. La décision doit être prise de son vivant et
nous engage après notre décès. La loi nous autorise cependant à changer d’avis à tout moment de notre vivant. Il suffit alors de détruire sa carte de donneur et d’en informer le centre de don par courrier. Cette décision doit cependant être mûrement réfléchie et, une fois prise, partagée avec les membres de la famille qui ne peuvent pas s’y opposer après notre mort. Il est essentiel cependant de ne pas négliger d’en informer ses proches et d’obtenir leur compréhension si ce n’est leur adhésion.

DES DÉMARCHES SIMPLES

Il faut faire connaître sa décision de manière explicite de son vivant de façon manuscrite. Il convient d’écrire une déclaration sur papier libre, la dater, la signer et l’envoyer à un centre de don (au sein d’une faculté de médecine). La liste des 28 centres de don français est disponible sur le site de l’association française d’information funéraire (Afif).

UNE CARTE DE DONNEUR

À la réception de cette déclaration, la faculté de médecine, où se trouve le centre de don, enverra un dossier. Elle demandera au futur donneur de lui renvoyer les documents suivants : Fiche de renseignements complétée, fiche de confirmation du don, photocopie recto/verso de son titre d’identité, enveloppe timbrée (au tarif en vigueur) portant son nom et adresse pour recevoir sa carte de donneur.

 

TOUT A UN COÛT

En général, la faculté de médecine assure à ses frais l’inhumation ou la crémation du corps. Mais étonnamment, cet élan de générosité altruiste aura un coût pour vous qui vous sera facturé de votre vivant (ou à vos proches avec leur accord après votre décès) ou couvert par une assurance obsèques. La plupart des structures factureront notamment le transport du corps, d’où l’intérêt de bien se renseigner au préalable.

DES CAS DE REFUS

Le corps peut être refusé dans plusieurs cas : Absence de la carte de donneur, non-respect du délai de 48 heures maximum pour transporter le corps, décès à l’étranger obligeant à une mise en bière, décès consécutif à une maladie contagieuse obligeant à une mise en bière, décès consécutif à un accident de la route, à un suicide ou toute autre raison susceptible de poser un problème médico-légal.

BÉNÉDICTE B.
Commerçante,
47 ans, Strasbourg

Rendre ce qu’on m’a donné
« Mon mari est mort il y a 2 ans.
Dialysé pendant des années, il a
eu la chance de subir une greffe
de rein qui lui a permis de vivre
plus longtemps à mes côtés.
Malheureusement, il a développé
en plus un cancer qui lui a été fatal.
Je ne remercierais jamais assez le
donneur, accidenté de la route, qui
a permis à mon époux d’avoir des
années de vie en plus ! En choisissant
de donner mon corps à la science,
j’ai l’impression de rendre ce qui
m’a été donné et je trouve cela aussi
juste que beau. Je suis croyante et je
sais que c’est un acte d’amour, malgré                                                                        l’incompréhension de tous mes
proches : mes parents, mes frères et
sœurs et mes trois enfants. Je ne leur
demande pas de comprendre mais
de respecter ma décision. Mon corps
m’appartient et j’ai le droit d’en faire
ce que je veux, de mon vivant comme
après ma mort.»

AU MOMENT DU DÉCÈS

Une fois le décès survenu, les proches doivent prévenir au maximum dans les 48 heures le centre de don où l’on s’est inscrit. Ce dernier fera transporter le corps au laboratoire où il sera traité pour être conservé, avant de servir à la recherche médicale, dans le plus grand respect. Puis, il sera inhumé ou crématisé en fonction de la préférence indiquée par le défunt, parfois plusieurs semaines, mois ou années après le décès. Certains centres peuvent rendre les cendres si le défunt l’a souhaité. Si ce n’est pas le cas, le corps est incinéré anonymement et ses cendres dispersées dans un jardin du souvenir

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