MANGER MIEUX POUR RAJEUNIR RÊVE OU RÉALITÉ ?

MANGER MIEUX POUR RAJEUNIR RÊVE OU RÉALITÉ ?

Parmi les facteurs qui conditionnent la qualité du « bien vieillir », à côté des activités physiques et sociales qui ont aussi une place prépondérante, la nutrition apparaît comme un élément clef d’une avancée en âge harmonieuse. Si vous n’êtes pas convaincu de pouvoir rajeunir, les experts sont formels : mieux manger ralentit le vieillissement !

PAS D’ÂGE POUR MIEUX SE NOURRIR !

Plusieurs études épidémiologiques très sérieuses soulignent le lien entre nutrition et santé chez tout adulte qui vieillit : la nutrition influence la durée et la qualité de vie, mais aussi l’état de notre peau – sur le visage et le corps -, et l’aspect de notre silhouette. Il est évident qu’un enfant élevé avec une bonne hygiène alimentaire vieillira mieux et vivra plus longtemps que ceux nourris à la malbouffe. Et les experts insistent sur le fait qu’on peut rééquilibrer son alimentation à tout âge, même si on s’y prend après 50 ans. Il n’est jamais trop tard pour bien manger et les bénéfices seront positifs : amélioration de la durée de vie, moins de maladies et apparence plus jeune.

DES LIENS ENTRE ALIMENTATION ET SANTÉ

Les liens entre nutrition et santé sont de mieux en mieux connus, et le risque de développer de nombreuses maladies – cancer, maladies cardio- vasculaires, obésité ou encore diabète de type 2 – peut être réduit en suivant les recommandations nutritionnelles nationales. Fondées sur de multiples études scientifiques, ces recommandations évoluent avec l’acquisition de nouvelles connaissances. Toutefois, les Français sont encore trop peu nombreux à se les être appropriées. Des mesures permettant d’améliorer la qualité nutritionnelle et l’accessibilité (physique et économique) de l’offre alimentaire, ainsi qu’un environnement favorable à l’activité physique ont été recommandées par le Haut conseil de la Santé publique.

ÇA ACCÉLÈRE LE VIEILLISSEMENT !

Le poids des années n’est pas le seul responsable du vieillissement. La pollution atmosphérique, le tabagisme, les expositions excessives au soleil, la consommation de produits industriels riches en additifs et autres colorants, la cuisson à très haute température avec formation de molécules toxiques, le stress sous toutes ses formes… sont autant de facteurs d’accélération du vieillissement par le biais des radicaux libres qu’ils génèrent en grand nombre.

L’IMPACT DE LA NUTRITION

La conception moderne de la nutrition intègre non seulement l’alimentation et ses déterminants psychologiques, mais aussi l’activité physique qui conditionne les dépenses énergétiques. Un déséquilibre de cet ensemble complexe est impliqué dans l’apparition et le développement de la plupart des maladies chroniques les plus fréquentes aujourd’hui. De nombreux travaux ont par exemple montré l’impact de facteurs nutritionnels sur la survenue de certains cancers, des maladies cardiovasculaires, de l’obésité, de l’ostéoporose, ou encore de troubles métaboliques comme le diabète de type 2 ou l’hypercholestérolémie.

ÉVITER NOMBRE DE MALADIES

La recherche s’est dans un premier temps focalisée sur ces problèmes de santé publique, mais elle s’élargit aujourd’hui à d’autres domaines : de nouveaux travaux suggèrent en effet l’existence de liens entre la nutrition et certaines maladies inflammatoires auto-immunes, comme la polyarthrite rhumatoïde ou les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), ou encore les allergies, la dépression, les troubles du sommeil, le déclin cognitif (Alzheimer, Parkinson) et la dégénérescence oculaire (DMLA, cataracte)…

LE RÔLE DE L’ALIMENTATION

L’alimentation a un double rôle. Elle fournit de l’énergie à chacune de nos cellules pour faire fonctionner les divers métabolismes et elle apporte les éléments de construction et de réparation de l’organisme. Mais dès que notre alimentation est déséquilibrée ou inadaptée, les effets sur notre organisme peuvent être très graves et entraîner une accélération du processus de vieillissement

CONSÉQUENCES DES EXCÈS

En cas d’excès alimentaires liés à une trop forte consommation de sucre ou de produits d’origine animale, l’individu augmente le risque de présenter un syndrome métabolique. On parle de ce syndrome lorsque plusieurs facteurs de risque sont présents chez l’individu : diabète, excès de poids, hypertension, cholestérol. Le syndrome métabolique multiplie par 3 les risques cardiovasculaires. Outre ce risque, les excès alimentaires entraînent l’encrassage et l’asphyxie cellulaire, avec production de radicaux libres oxydants causant des lésions des membranes des cellules et des gènes, une inflammation chronique, des maladies dégénératives, pour aboutir à un vieillissement précoce.

C’EST DÉMONTRÉ !

Une alimentation suffisante, équilibrée et diversifiée est indispensable à la croissance, au maintien de l’immunité, à la fertilité ou encore à un vieillissement réussi : performances cognitives, entretien de la masse musculaire, lutte contre les infections… Les études montrent aussi que certains aliments, nutriments et comportements augmentent le risque de développer certaines pathologies. D’autres vont au contraire avoir une action préventive.

DES PROGRÈS À FAIRE

Selon une étude menée par l’Affsa, 77 % des personnes âgées de 55 à 79 ans déclarent manifester de l’intérêt pour leur alimentation, mais le lien qui existe entre la santé et la nutrition ainsi que la notion de plaisir alimentaire semblent avoir moins d’importance pour la population senior (55-79 ans) que pour les classes d’âge inférieures.

DES DANGERS POUR LE MÉTABOLISME

Un excès d’alimentation surcharge le métabolisme, qui doit dégrader et évacuer de grosses quantités de nutriments. Cela oblige l’organisme à travailler plus et à se fatiguer. De plus, ces excès alimentaires encrassent le corps et provoquent des surcharges pondérales qui obligent le cœur à battre plus vite. En outre, les organes chargés de la dégradation des aliments, comme le pancréas, ou de l’évacuation des déchets, comme les reins, sont épuisés et fonctionnent mal. C’est l’origine des maladies cardiovasculaires, parmi lesquelles le diabète et l’hypertension. Les troubles cardiovasculaires sont le signe d’un vieillissement prématuré par usure de l’organisme, ainsi que d’un encombrement métabolique.

LES EFFETS DÉSASTREUX DU SUCRE

Les sucres, également appelés glucides, comprennent les sucres rapides et les sucres lents. Les sucres rapides se transforment très vite en glucose, aliment fondamental de la cellule, qui traverse instantanément la paroi intestinale pour se retrouver dans la circulation sanguine. L’organisme, via le pancréas, sécrète une hormone servant à réguler le taux de glucose sanguin : l’insuline. Tout dysfonctionnement au niveau du métabolisme du sucre entraîne de graves perturbations, qui conduisent à ce que les nutritionnistes dénomment le syndrome métabolique.

HOMOCYSTÉINE ET VIEILLISSEMENT

La viande est riche en protéines dont nous avons besoin pour construire nos muscles. Les protéines sont constituées de longues chaînes d’acides aminés. Lorsque nous mangeons de la viande, celle-ci est dégradée lors de la digestion et les acides aminés sont libérés et absorbés par la paroi intestinale. Parmi ces acides aminés alimentaires, il en est un, dé- nommé méthionine, qui a la particu- larité de contenir un atome de soufre. Cet acide aminé soufré se transforme en un dérivé toxique qui s’accumule dans l’organisme : l’homocystéine. Cette dernière est accusée d’endommager et de provoquer des lésions de la paroi des artères, entraînant un fort risque cardiovasculaire.

ALIMENTATION ET RADICAUX LIBRES

C’est à l’intérieur des cellules que se déroulent les différents processus de destruction et de reconstruction, spécifiques du monde vivant. Pour assurer ce formidable travail, les cellules ont besoin d’énergie, principalement fournie sous forme de glucose. Celui-ci restitue cette énergie au cours du processus respiratoire, c’est- à-dire de l’oxydation du glucose par l’oxygène. La respiration cellulaire a lieu à l’intérieur des mitochondries, contenues dans les cellules. Un excès d’apport alimentaire nécessite davantage d’oxygène et oblige l’organisme à accélérer son métabolisme. L’oxygène devient alors très réactif pour « brûler » le glucose. On dénomme radicaux libres ces atomes d’oxygène extrêmement réactifs, qui se propagent dans les cellules, en dehors de tout contrôle. Les radicaux libres provoquent principalement l’altération des membranes lipidiques qui entourent les cellules, mais aussi des désordres profonds dans les gènes. Ces attaques endommagent le bon fonctionnement des cellules et perturbent gravement le métabolisme. Le processus de vieillissement est ainsi accéléré.

L’INFLAMMATION INTESTINALE

Certaines grosses molécules alimentaires, comme la caséine du lait ou le gluten du blé, peuvent agresser la muqueuse intestinale au moment de la digestion. Celle-ci devient ainsi en- flammée, puis perméable. Ces grosses molécules passent alors dans la circulation sanguine, induisant une inflammation chronique généralisée. Or, nous savons aujourd’hui que le phénomène inflammatoire accompagne de très nombreuses maladies dégénératives, comme les maladies cardiovasculaires et auto-immunes.

DE BONS ALIMENTS À PRIVILÉGIER

Il existe heureusement des aliments qui permettent de ralentir le vieillis- sement. Ce sont tous ceux qui sont riches en antioxydants (vitamine C, betacarotène, sélénium…). On trouve ces composés notamment dans les fruits et légumes. Ainsi, la vitamine C se trouve dans les agrumes, les fraises, les kiwis. La vitamine E se trouve dans le germe de blé… Pour faire le plein de caroténoïdes, ce n’est pas compliqué, il faut choisir les fruits et légumes les plus colorés : orange, rouge mais aussi vert. L’effet de ces antioxydants est notamment visible au niveau de la peau.

EXPERT

Pr Valter Longo

« Rajeunir ses cellules »

« Nous pourrions tous vivre une trentaine d’années de plus et atteindre 90 ou 100 ans en bonne santé. Oui, on peut manger sainement pour rajeunir ses cellules ! » explique le professeur en biologie et gérontologie (la science du vieillissement), Valter Longo, qui dirige le Longevity Institute de l’université de Californie du Sud, dans son essai « Le Régime de longévité », best-seller aux éditions Actes Sud.

PAS TOUJOURS FACILE AVEC L’ÂGE

Il est cependant souvent difficile de garder une alimentation équilibrée avec l’âge. C’est le cas de nombreuses personnes âgées, après 70 ans. On pense bien sûr aux problèmes dentaires et à la mastication, mais aussi aux modifications du goût. Avec l’âge, les saveurs salées sont moins appréciées, et on a tendance à se tourner vers les douceurs. Ce qui peut être la source de problèmes de santé. Sans parler du fait qu’il est parfois difficile de garder des apports en vitamines et minéraux suffisants, alors que l’on connaît une baisse de ses revenus. Enfin, il ne faut pas oublier les problèmes de déshydratation et de sédentarité. Mais tous ces problèmes peuvent être combattus, surtout si l’on a pris très tôt (enfant) de bonnes habitudes, et si on réagit à temps dès 45/50 ans, si l’on s’est plutôt mal alimenté avant.

VIVE L’ALIMENTATION ANTI-ÂGE !

Les experts de la médecine anti-âge (santé et beauté) sont formels : en suivant toutes les recommandations d’une véritable alimentation « anti- âge », il est possible de ralentir voire même dans certains cas, d’inverser les effets du vieillissement. Et si vous vous donniez la chance dès aujourd’hui de paraître dix ans de moins, et de vous donner des années de vie en plus en pleine santé, en suivant le programme et les conseils de ce dossier ?

LE RÉGIME DE LA LONGÉVITÉ

Ce que vous mangez peut-il déterminer la durée et la qualité de votre vie ? La réponse est oui. Mais un oui cliniquement prouvé. Près de trente années de recherches sur les liens entre la nutrition, les gènes, le vieillissement et les maladies ont permis au Pr Valter Longo d’élaborer une stratégie unique pour avancer dans l’âge en bonne santé. Comment ? En adoptant au quotidien son régime de longévité et en pratiquant trois à quatre fois par an une Fasting-Mimicking Diet (FMD) – littéralement une diète qui imite les effets du jeûne – cinq jours durant. Grâce à la FMD, vous tirerez tous les bénéfices du jeûne sans en subir les inconvénients (la faim, le manque d’énergie, les difficultés d’endormissement, etc.). Les effets de cette stratégie combinée : une perte de poids et une réduction du tour de taille, un allongement significatif de la durée de vie, une prévention de la perte de masse musculaire et osseuse, une protection contre les maladies. De quoi vivre sainement, longtemps et pleinement !

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *