VALÉRIE TRIERWEILER « OSER VIVRE ET NE PLUS PERDRE DE TEMPS ! »

VALÉRIE TRIERWEILER « OSER VIVRE ET NE PLUS PERDRE DE TEMPS ! »

Dans son dernier livre, la journaliste de Paris Match et ex Première dame, se livre, nous confie ses doutes et ses joies, ses reportages et ses engagements, mais aussi sa nécessaire reconstruction depuis la tornade de son départ de l’Élysée. Rencontre avec une femme simple et vraie qui nous ressemble.

BIO EXPRESS

❚  Née Valérie Massonneau le 16 février 1965 à Angers

❚  DESS de sciences politique

❚  Journaliste pour Profession Politique

❚  Grand reporter à Paris Match

❚ 1995 : mariage avec Denis Trierweiler, secrétaire de rédaction à Paris Match (parents ensemble de trois enfants).

❚ Présentatrice d’émissions télévisées sur Direct 8 (Le Grand 8, Politiquement correct…)

❚ 2006 : Rencontre avec François Hollande

❚ 2007 : Procédure de divorce avec Denis Trierweiler

❚ 2010 : Officialisation de son couple avec François Hollande

❚ 2012 : Première dame, aux côtés de François Hollande, élu Président de la République

❚ 2014 : Rupture avec François Hollande. Parution en septembre de son livre « Merci pour ce moment » (Les Arènes).

❚ 2017 : Rencontre avec Romain Magellan, ancien rugbyman, consultant sportif pour Canal +, son compagnon.

❚ 2019 : Toujours journaliste à Paris Match, sortie de son dernier livre « On se donne des nouvelles » (Les Arènes).

Pourquoi ce nouveau livre témoignage ?

Valérie Trierweiler : Trente ans, cela passe si vite ! Lorsque j’ai pris conscience que j’étais journaliste à Paris Match de- puis trois décennies, une sorte de bilan s’est imposé. J’ai eu l’occasion de « couvrir » de nombreux évènements, la chance de parcourir le monde, de rencontrer beaucoup de personnalités, certains de ces reportages m’ont marquée et influencée. J’ai eu envie après toutes ces années de réfléchir aux traces que cela avait inscrit en moi. Je suis fière d’exercer ce métier et trop souvent les personnes que je croise me demandent ce que je deviens ou de mes… nouvelles. C’était donc l’occasion d’en donner !

Vous avez créé un lien fort avec les Français, et notamment les Françaises, qui se reconnaissent et s’identifient à votre parcours de femme active, de maman. Est-ce que cela vous touche ?

V.T. : Evidemment, on ne reste pas insensible aux marques de soutien ou d’encouragement. Je suis très touchée quand des femmes viennent me voir sur le marché ou ailleurs ! Certaines me disent avoir été à mes côtés il y a six ans, d’autres me demandent parfois des conseils. Au fond, elles savent que je suis comme elles. Elever mes enfants, gagner ma vie, aimer, j’ai fait comme toutes les femmes ou presque. En étant le plus simple et sincère possible.

Pour certaines, vous êtes même devenue un symbole. Quelles ont été, pour votre part, les femmes qui ont compté dans votre vie, celles qui ont été ou sont encore vos modèles et pourquoi ?

V.T. : La première est ma mère. Elle est celle pour laquelle, j’ai le plus d’admiration. Elle est une combattante, elle a éduqué six enfants avec peu de moyens mais avec beaucoup d’amour. Elle nous a encouragées, nous ses filles à gagner notre indépendance. Ce qu’elle s’est appliqué à elle-même. Ma mère a été femme au foyer durant de longues an- nées, elle s’occupait de nous mais aussi de mon père invalide de guerre, puis a elle passé son permis de conduire et s’est trouvé un travail malgré l’opposition de son mari. Il a été vital pour elle d’exister par elle-même, c’est la meil- leure leçon que j’ai reçue. Dans mon livre, j’ai consacré tout un chapitre aux femmes qui m’ont inspirée. Il s’intitule « Mes Simone » : Simone Veil, Simone de Beauvoir et ma grand-mère maternelle qui portait aussi ce prénom. Pour des raisons différentes, elles ont été des guides, des modèles pour l’émancipation. Mais la liste des femmes inspirantes pourrait être plus longue. Ce qui me touche le plus, ce sont les héroïnes du quotidien, ces mères célibataires qui ont du mal à joindre les deux bouts et se battent pour donner le meilleur à leurs enfants.

«Je me sens en décalage avec mon âge, ce qui est classique. Je m’amuse plus aujourd’hui qu’il y a vingt-cinq ans. Voir mes fils devenir des hommes accomplis m’aide à accepter les années qui passent. »

Vient de démarrer le « Grenelle contre les violences faites aux femmes ». Est-ce un combat qui vous tient à cœur et avez-vous prévu de vous y impliquer ?

V.T. : J’ai eu l’occasion d’écrire plusieurs articles sur ce sujet et j’y reviens dans « On se donne des nouvelles » dans un chapitre intitulé : « Aimer n’est pas tuer ». On peut parler de fléau à ce stade. Quand on sait qu’une femme est tuée tous les deux jours et demi par son conjoint dans un pays comme le nôtre, on s’interroge. Cette réflexion doit avoir lieu en intégrant les hommes. Les femmes ne régleront pas les problèmes seules. Il n’y a pas seulement les féminicides mais aussi les violences conjugales qui ne sont pas toujours comptabilisées, j’intègre aussi les violences verbales et les rapports de domination. Toutes les femmes ne portent pas plainte, il faut les encourager à ne plus subir sans réagir. C’est dès l’éducation des petits garçons qu’il faut agir, leur apprendre le respect et qu’utiliser la force physique peut être une marque de faiblesse. Mais aussi apprendre aux petites filles que leur corps leur appartient et qu’elles doivent se positionner dans des rapports d’égalité.

« Ce qui me touche le plus, ce sont les héroïnes du quotidien, ces mères célibataires qui ont du mal à joindre les deux bouts et se battent pour donner le meilleur à leurs enfants. »

Vous êtes une femme engagée dans la vie associative. Quelles associations soutenez-vous particulièrement et pourquoi ?

V.T. : Je suis marraine du Secours populaire depuis six ans maintenant. C’est grâce à la rencontre avec son président, disparu depuis, que je me suis engagée dans cette belle association. J’avais beaucoup d’affection pour Julien Lauprêtre qui dirigeait le Secours Pop’ avec beaucoup d’humanité et de clairvoyance. Ce qui me touche avant tout est la cause des enfants, je ne supporte pas qu’un enfant ait moins de chance qu’un autre ou qu’il soit malheureux. Cette association contribue à réparer un certain nombre d’injustices et s’appuie sur la solidarité pas sur la charité. J’aime aussi que la solidarité ne s’arrête pas à nos frontières. Je suis également investie dans la prévention du cancer du sein avec Keep a breast qui recommande l’autopalpation. Plus récemment, je me suis engagée en faveur du Refuge, cette association qui vient au secours des jeunes homosexuels qui sont chassés du domicile familial par leurs parents. Je suis marraine du Refuge d’Angers ma ville d’origine. C’est aussi pour moi la meilleure façon de lutter contre l’homophobie.

On vous a toujours vue très solidaire de Carla Bruni comme de Brigitte Macron quand elles sont injustement attaquées ou critiquées. C’est important cette forme de « sororité » entre Premières dames ou entre femmes tout court ?

V.T. : Oui c’est important. Carla Bruni a également été so- lidaire avec moi et je lui en suis extrêmement reconnais- sante. Aujourd’hui, elle et moi le sommes avec Brigitte Macron qui subit des attaques ignobles. Parce que nous avons vécu une violence semblable, nous nous comprenons, mais cela ne nous empêche pas d’assumer nos différences. Malheureusement, les choses ne vont pas en s’améliorant avec les réseaux sociaux, même si ces calom- nies existaient déjà du temps de madame Pompidou.

Vous considérez-vous « féministe » aujourd’hui ? Quel regard portez-vous sur l’avancée des droits des femmes en termes d’égalité et de parité ?

V.T. : Cela dépend de ce qu’on entend par le mot féminisme. S’il s’agit d’être contre les hommes alors je ne le suis pas. Mais aujourd’hui, je ne pense pas que le féminisme soit cela. Je suis pour l’égalité des droits, mais pourquoi ne pas admettre qu’il y a des différences entre les sexes ? Il est inconcevable aujourd’hui qu’à travail égal, le salaire ne soit pas le même, la retraite non plus. L’accès aux postes de responsabilité doit également être équitable. Cependant je ne suis pas favorable à la parité systématique, la compétence doit primer. Mais il faut bien reconnaître que dans bien des domaines, les femmes n’ont pas encore suffisamment de place. La nouvelle génération aura j’espère davantage de possibilités. Je souhaite aussi une véritable égalité en matière de partage des tâches. Bref, il y a encore du chemin à faire !

Etes-vous plutôt « pro » ou « anti » réseaux sociaux et pourquoi ?

V.T. : Il faut bien se mettre à la page ! Ce sont de nouvelles méthodes de communication qui peuvent être utiles à condition de ne pas en abuser. Je m’informe beaucoup grâce à Twitter, où les news sont instantanées. Je reste très « accro » à l’information. Mais j’ai conscience aussi des dérives que peuvent engendrer les réseaux. J’ai moi-même souffert des attaques, anonymes souvent, chacun peut se déchaîner et déverser colère, haine, rancœur, frustration. Il me semble qu’Instagram est plus doux et bienveillant. N’oublions pas que ce n’est pas la vie réelle non plus et que rien ne vaut un échange direct.

Vous êtes une journaliste devenue une femme publique tant par votre parcours professionnel que privé. Quel rapport entretenez-vous avec votre image ?

V.T. : Cela reste compliqué pour moi. J’animais une émis- sion à la télévision avant d’être connue pour d’autres rai- sons. C’était il y quinze ans et je ne parvenais pas à me regarder lors des débriefings. Avoir une image publique est encore plus difficile à gérer, j’ai l’impression qu’il s’agit d’une autre. Il y a comme une dualité entre soi et l’image que l’on donne. Et en même temps cet écart protège.

Etes-vous pour ou contre les méthodes de chirurgie esthétique, les injections de médecine anti-âge ?

V.T. : Chacune est libre d’agir comme elle le veut. Personnellement cela me fait peur mais je suis comme tout le monde, je ne regarde pas mes rides se creuser avec bonheur. Recourir à la chirurgie ne permettra jamais de retrouver la jeunesse perdue. J’espère plutôt atteindre la sagesse mais je ne jurerai de rien !

Quelles sont vos recettes personnelles pour vous maintenir en pleine forme ?

V.T. : Bouger, être active sont les meilleures méthodes pour rester en forme. Personnellement, j’adore le vélo sur les chemins de campagne. Je me suis aussi mise à faire des raids féminins avec Défi d’elles. Ils ne sont pas extrêmes mais tout de même difficiles et m’ont permis de faire de belles rencontres. J’essaie aussi de faire un peu attention pour l’alimentation, mais je dois régulièrement me battre contre les kilos.

Quinquagénaire, quel est votre regard sur le temps qui passe ? Voyez-vous les années qui défilent avec sérénité ?

V.T. : Honnêtement cela dépend des jours ! Ce n’est pas facile de vieillir, de se dire que le temps qui nous reste se réduit, que nous n’allons pas vers le meilleur, que le corps va se dégrader. Je me sens en décalage avec mon âge, ce qui est classique. Je m’amuse plus aujourd’hui qu’il y a vingt- cinq ans. Je vois mes fils devenir des hommes accomplis, cela aide à accepter les années qui passent.

Comment vous voyez-vous dans l’avenir ? Vous imaginez- vous grand -mère ? Et si oui, quel type de grand-mère aimeriez-vous être ?

V.T. : Ha oui bien sûr ! La meilleure grand-mère est ma mère alors j’essaierai de lui ressembler. L’essentiel est le partage. J’essaierai d’être le plus disponible possible.

Vous intéressez-vous au développement personnel, à la psychologie positive, à la méditation ?

V.T. : Je dois avouer que je ne m’y suis pas encore beaucoup intéressé mais cela viendra !

Quelle est votre recette du bonheur et votre philosophie de vie aujourd’hui ?

V.T. : Avec les années, on apprend ce qui est essentiel et à ne plus perdre de temps avec des choses futiles ou qui nous polluent. Je m’entoure de personnes positives, qui me font du bien. Et je n’ai pas peur de procrastiner. Mais il n’y a pas de plus belles recettes que l’amour.

Si les lecteurs de « On se donne des nouvelles » ne devaient retenir qu’un seul message de votre livre, quel serait le plus important pour vous ?

V.T. : Je crois qu’il faut oser vivre, oser suivre son instinct et prendre des risques. Je pense en avoir pris un certain nombre dans ma vie, j’ai assumé ma liberté. Certains vont appeler échecs ce que moi je nomme expériences. Bref s’il n’y avait qu’une leçon de vie, ce serait d’être libre. Définitivement libre.

« Ce n’est pas facile de vieillir, de se dire que le temps qui nous reste se réduit, que nous n’allons pas vers le meilleur, que le corps va se dégrader. »

SON DERNIER LIVRE

On se donne des nouvelles 

Voilà trente ans que le destin de Valérie Trierweiler se mêle à l’histoire de Paris Match, où elle est entrée jeune journaliste. Accompagnant vingt de ses articles les plus singuliers, mêlant reportages et souvenirs personnels, elle fait défiler ses années Match, jalonnées de rencontres exceptionnelles. Dans ce livre généreux et plein de tendresse, la journaliste entrelace sa vie, Paris Match et notre histoire collective. Toujours honnête, parfois surprenante, voilà une femme vraie qui se dévoile et nous donne ainsi des nouvelles.

De Valérie Trierweiler, Les Arènes, 20 €.

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