Quelle sagesse inculquer à nos enfants ?

Quelle sagesse inculquer à nos enfants ?

Inculquer la sagesse à nos petits-enfants va bien au-delà de leur demander de se tenir tranquilles. Comment les aider dans cette voie au quotidien ?

Elever les enfants dans la sagesse, voici le dilemme de bien des éducateurs. A moins qu’il ne s’agisse en priorité d’élever des enfants sages, ce qui est assez différent. Il faut bien l’avouer, la plupart des parents, grands-parents et professeurs cherchent d’abord à obtenir la seconde proposition, c’est-à-dire des enfants sachant se tenir tranquilles, en classe ou en société, sans aller véritablement en quête de la véritable sagesse à inculquer.

LA SAGESSE COMPORTEMENTALE

Voici la sagesse recherchée par toutes les familles : avoir des enfants sages dont le comportement est conforme aux exigences sociétales, c’est-à- dire ne pas crier et s’emporter sans bonne raison, oublier les caprices, respecter l’autre, ap- prendre et intégrer les valeurs du partage et de politesse, etc. Même si aujourd’hui, l’on souhaite que les enfants ex- priment plus librement leur nature, certains courants d’éducation vont jusqu’à poser comme principe d’imposer le moins de contraintes possibles. De nombreux pédopsychiatres se sont d’ailleurs élevés contre cette tendance, insistant sur le fait qu’un enfant devait pour son propre équilibre connaître les limites acceptables, garantissant également par ce moyen sa bonne intégration sociale.

IMPOSER DES LIMITES

Faire en sorte que son enfant soit sage et ne perturbe, ni le rythme familial, ni la crèche ou la classe, sans raison, est évidemment légitime. Pourtant les conflits, souvent mineurs, mais parfois graves sont fréquents. Il est cependant impossible d’exiger d’un enfant un com- portement qu’il n’est pas en mesure d’assumer de par son âge. Certains sont calmes par nature, d’autres frôlent l’hyperactivité, que faire ? Bien des parents qui ont fait de leur mieux, ou qui ont eu des enfants sages, assistent cependant à des com- portements surprenants à l’âge de l’adolescence. Les experts s’accordent donc à dire qu’il faut très tôt leur apprendre et leur imposer des limites.

L’APPORT DE LA PHILOSOPHIE

Il existe différentes sagesses, comme il existe différentes philosophies, même si l’on re- trouve bien des éléments com- muns parmi elles. Selon que l’on soit adepte de la philosophie orientale ou occidentale, l’éducation va forcément exprimer des différences. Mais, peu importe, un enfant apprend aussi à travers la sagesse philosophique un moyen d’acquérir l’esprit critique et la liberté qui l’accompagneront par la suite. Cela signifie également que l’éducateur soit à même de répondre à toutes les questions qui ne manqueront pas de surgir, et de se multiplier au fil des années.

DES PRINCIPES MORAUX

Rien ne semble plus logique que d’inculquer, ou du moins de sensibiliser les enfants à certains principes qui pourront leur servir une vie durant. Le rôle de l’éducateur n’est-il-pas de donner les meilleurs outils à l’enfant afin qu’il puisse en faire (bon) usage par la suite ? La curiosité des enfants est pour leur éveil un véritable atout, mais il est parfois difficile de se préparer à tout ce qu’ils ont à dire, car leur regard est différent de celui des adultes, qui ont, pour la plupart, oublié ce qu’ils étaient eux-mêmes quelques années auparavant. Autre élément important dans certains cas, la culture religieuse de la famille peut aussi avoir un grand impact sur les notions de sagesse et l’éducation fournies aux enfants dans le contexte familial.

DES SUJETS DE RÉFLEXION

Il est assez aisé de faire réfléchir, ou de discuter avec des enfants sur des phrases et préceptes de sagesse philosophique. De nombreuses initiatives ont été créées dans ce domaine, comme les goûters philo ou les ouvrages éducatifs, qui viennent à la rescousse de familles parfois un peu débordées. Les parents et grands-parents peuvent assez simplement évoquer certains sujets et concepts avec des enfants dès l’âge de 7/8 ans.

UN VÉRITABLE APPRENTISSAGE

Un enfant ne s’élève pas seul. Même en bonne santé, et bien nourri, il lui faut suivre un apprentissage pour grandir en harmonie avec les autres et progresser. Or le fameux art de vivre du philosophe ne s’improvise pas, bien que certains enfants naissent avec semble- t-il une inclinaison, une sorte de facilité à choisir la voie du bonheur. L’art de vivre du sage est donc un long apprentissage, au plus tôt au mieux, bien qu’il faille reconnaître qu’il n’y a pas trop d’une vie pour y parvenir. Autant inculquer les bonnes bases au plus vite afin de gagner du temps ! Car la sagesse ne s’improvise pas, elle s’acquiert lentement, et ce, que l’on soit ou que l’on ait été un enfant turbulent.

UNE SAGESSE INSTINCTIVE

On dit que la valeur n’attend pas le nombre des années, mais la sagesse, y compris dans le sens philosophique du terme, peut aussi être inhérente, voire instinctive, chez les enfants. Et leurs pensées peuvent faire réfléchir plus d’un adulte. Même si elles sont empreintes de naïveté, elles sont généralement pleines de bon sens et d’une logique certaine. L’enfant dispose en effet des qualités nécessaires à tous les philosophes : étonnement face au réel, questionnement sur le sens des choses et des événements, curiosité et recherche du pourquoi, absence de préjugés. Il y a quelque chose de métaphysique dans cette recherche de connaissances.

DÉCOUVRIR LE JUGEMENT CRITIQUE

A priori, apprendre l’art du jugement critique, l’art du discours, de l’argumentation, ou apprendre à s’interroger sur soi et ses rapports aux autres ne fait pas partie des priorités de l’Education nationale. Pourtant l’enseignement de la philosophie a bien des atouts, comme celui d’apporter un recul par rapport aux événements de la vie, ou de se familiariser avec l’art du discours. La pratique de la philosophie, en tant qu’amour de la sagesse, semble on ne peut plus recommandable pour ouvrir le chemin qui va de l’enfance à la maturité. Et on peut commencer avec eux à traiter des sujets existentiels dès 7 ans.

Un film à voir en famille

Quel est le sens de la vie ? Pourquoi on vit ? Pourquoi on meurt ? Qu’est-ce-que l’amour ? Ces questions, le philosophe et auteur à succès Frédéric Lenoir, les a posées à des enfants de 7 à 10 ans, au cours d’ateliers philosophiques qu’il a menés dans deux écoles primaires durant une année scolaire. Il nous invite à partager les pensées de ces enfants, qui se confrontent à la complexité du monde et la violence de leurs émotions. De quoi s’émerveiller par la capacité des enfants à s’emparer de questions existentielles, à argumenter, à débattre… à devenir de petits philosophes !

« Le cercle des petits philosophes » de Frédéric Lenoir, au cinéma en salles actuellement.

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