Soigner ses phobies grâce à la réalité virtuelle !

Soigner ses phobies grâce à la réalité virtuelle !

Et si vous vous immergiez dans un univers en 3D pour affronter vos peurs ? Cette nouvelle thérapie comportementale en version high-tech donne d’excellents résultats pour de nombreuses phobies du quotidien.

LES PETITS NOMS DE VOS PHOBIES

Acrophobie (Endroits élevés)
Aéro-acrophobie (Peur de prendre l’avion)
Agoraphobie (Grands espaces et lieux
publics)
Aichmophobie (Objets pointus)
Ailurophobie (Chats)
Algophobie (Douleur)
Amatophobie (Poussière)
Apiphobie (Abeilles)
Aquaphobie (Eau)
Arachnéphobie (Araignées)
Astraphobie (Éclairs)
Bathophobie (Profondeurs)
Claustrophobie (Espaces clos)
Climacophobie (Escaliers)
Cremnophobie (Précipices)
Crystallophobie (Verre)
Cynophobie (Chiens)
Dromophobie (Peur de traverser la rue)
Eisophobie (Miroir)
Émétophobie (Peur de vomir)
Entomophobie (Insectes)
Éreutophobie (Peur de rougir en public)
Géphyrophobie (Peur de franchir un pont)
Hématophobie (Sang)
Hylophobie (Forêts)
Monophobie (Peur d’être seul)
Musophobie (Souris)
Mysophobie (Saleté et microbes)
Nosophobie (Maladies)
Nudophobie (Nudité)
Nyctophobie (Nuit)
Ochlophobie (Foules)
Ophidiophobie (Serpents)
Ornithophobie (Oiseaux)
Phasmophobie (Fantômes)
Pyrophobie (Feu)
Satanophobie (Démon)
Sidérodromophobie (Trains)
Thalassophobie (Mer)
Thanatophobie (Mort)
Triskaïdékaphobie (Chiffre 13)
Xénophobie (Étrangers)
Zoophobie (Animaux)

DES PEURS IRRATIONNELLES

Avant d’explorer cette nouvelle technologie utilisée par certains psys et coachs de développement personnel, essayons d’abord de comprendre comment fonctionnent nos peurs. Les phobies sont une des formes pathologiques de l’anxiété ; la peur anormale d’un objet ou d’une situation. Ce sont surtout des peurs irrationnelles, non justifiées ou démesurées par rapport à leur cause. Plus d’une personne sur dix sont sujettes à des phobies plus ou moins importantes. Les causes de ce trouble ne sont pas identiques pour tous. Il y a parfois une prédisposition familiale ou ce sont les suites de traumatismes vécus dans le passé. Elles sont légèrement plus fréquentes chez les femmes et existent chez de nombreux enfants, en disparaissant parfois à l’âge adulte.

PEUR, ANGOISSE OU ANXIÉTÉ ?

Le problème avec la phobie, c’est l’oscillation entre l’angoisse et la peur irrationnelle. La peur surgit là où le sentiment de sécurité n’est plus absolu, et elle semble impliquer la sensation de danger dans sa perception immédiate, que celui-ci soit réel ou non. La peur se dépasse en même temps que s’acquiert la maîtrise sur l’environnement et que se construit une sécurité de base. Par exemple, on a peur de skier, mais dès que l’on
prend des cours et qu’on commence à maîtriser la technique, le sentiment d’insécurité diminue. On parle d’angoisse lorsqu’une situation ressentie dangereuse ne l’est pas et ne le deviendra peut être jamais. Elle relève de la pulsion. Elle se vit, se parle à l’avance, s’anticipe. C’est à partir d’une menace réelle ou non que se développe l’angoisse si la peur ne peut pas être dépassée (exemple : la peur du vide).

DES SYMPTÔMESBIEN CONNUS

Ils sont nombreux et nous les connaissons tous : les tremblements, l’accélération du rythme cardiaque, les sueurs froides, la suffocation, jusqu’à la paralysie en cas de peur panique. Dans une situation de peur, on se trouve totalement vulnérable ; on ne contrôle plus aucune de ses émotions. On ne se reconnaît plus soi-même. Souvent, il arrive qu’on fasse subir ses peurs à ses proches. Par la suite, quand la situation de peur disparaît et qu’on redevient « normal », on ne sait plus comment leur parler, car un sentiment de honte s’est installé.

DES PEURS INVALIDANTES

Les phobies simples sont des peurs sans fondement objectif, mais le plus souvent, non handicapantes dans la vie quotidienne (peur des serpents, des ascenseurs, des serpents, du vide…). On peut très bien vivre avec, en adoptant des comportements d’évitement. On pense que 7% de la population souffrent de ce type de phobie. Les phobies sociales (14% de la population) sont les plus gênantes, car elles révèlent une peur de l’autre, une incapacité à vivre, sortir, communiquer. L’agoraphobie (peur des espaces découverts ou trop peuplés) en est une.

LA PEUR DU NOIR

Trois types de phobies sont classiques chez les jeunes enfants : la peur du noir, des animaux et de de l’eau. Rares sont les enfants qui échappent à la peur du noir. Fréquente entre deux et cinq ans, cette angoisse regroupe plusieurs
paramètres : impossible de contrôler son environnement, de vérifier qu’il n’y a pas de monstre, de retrouver son doudou. La meilleure conduite à tenir consiste à vous lever, allumer une lumière dans sa chambre, lui donner « un doudou chasseur du noir » et à lui prouver qu’il n’y a aucun danger. Au quotidien, n’hésitez pas à installer une
petite veilleuse dans sa chambre ou à prendre l’habitude de laisser la lumière du couloir allumée la nuit.

DE L’ENFANT À L’ADULTE

Les phobies de la petite enfance n’ont qu’un caractère transitoire. Certaines peuvent cependant persister et s’intensifier. Les phobies de l’adolescence sont souvent apparentées au corps, à l’espace, à la scolarité. La fonction phobique chez les ados est utilisée lorsque l’émotion liée aux pulsions sexuelles est ressentie comme menaçante et qu’il lui faut substituer une sensation maîtrisable. Retenez qu’il n’y a pas d’adolescence sans phobie. Les phobies de l’adulte quant à elles ne sont pas en continuité avec celles de l’enfance. Elles surviennent d’une manière imprévisible dans des moments particuliers de l’existence ; notamment dans les crises du milieu de la vie, les changements d’état et de lieux.

APPRIVOISER SES PHOBIES

Ne nous leurrons pas : la phobie n’est simplement qu’une peur de la mort, une peur ancestrale, encore plus forte chez les non-croyants. Mais l’objet phobique est nécessaire. Il assure ainsi une vie normale, organisée et maintenue dans la cohérence autour de ce « cristal signifiant » comme dit Lacan. N’ayez plus peur de vos phobies et apprenez à les apprivoiser. Si vous n’y arrivez pas seul, n’hésitez pas à consulter un médecin spécialisé ou à suivre des méthodes qui ont fait leurs preuves comme l’hypnose, la sophrologie ou la PNL(programmation neurolinguistique).

L’AIDE DES THÉRAPIES

Les thérapies cognitives et comportementales (TCC) sont aujourd’hui parmi les plus indiquées dans le traitement de ce type d’état. La relaxation et l’apprentissage du contrôle de soi (émotions et manifestations corporelles conséquentes) vont permettre au patient d’atténuer l’anxiété persistante, et de se confronter plus sereinement aux situations redoutées. Pour cela, une technique de désensibilisation systématique met le patient en situation phobogène, en imagination, dans un premier temps, puis progressivement, en situation réelle « in vivo ». Vaincre ses peurs est possible, le tout c’est d’accepter de s’y confronter.

LE SOUTIEN DES NEUROSCIENCES

La thérapeute Sylvie Le Moullec (cabinet slm-4a.com à Paris, Quimper, Brest et Vannes) a une approche neurocognitive et comportementale des phobies qu’elle traite avec ses patients à l’aide notamment de la réalité virtuelle. Selon elle, six à dix séances sont nécessaires pour vaincre sa peur panique d’une situation, d’un objet ou
d’un animal. Sa méthode adaptée des thérapies cognitives et comportementales vous plonge, grâce à un casque
de réalité virtuelle, en immersion dans un univers 3D avec sons et images. L’objectif est de faire monter l’anxiété du patient en le plongeant dans un univers où il doit affronter sa phobie.

UNE EXPÉRIENCE DE RÉALITE VIRTUELLE

Si vous avez peur des serpents, vous ne vous retrouverez pas d’un coup face à un python géant, puisque les
images comme la méthode sont progressives. L’idée est tout doucement d’apprivoiser ses peurs et son angoisse, en toute sécurité. Petit à petit, on apprend à se détendre, car on ne risque rien, l’apprentissage est bien réel et la méthode a d’excellents résultats, chez les adultes comme chez les enfants à partir de 6 ans. Ce qu’il faut, c’est tester cette technique quand on se sent prêt et que notre phobie nous pourrie la vie.

D’AUTRES SOUTIENS POSSIBLES

Dans le cas de la phobie sociale, sachez qu’il existe plusieurs types de médicaments délivrés sur ordonnance par un médecin traitant ou un psychiatre qui peuvent aider à sorti de cette peur des autres (les bêtabloquants, les tranquillisants, les antidépresseurs…). Retenez surtout qu’il n’y a pas de médicament miracle. Il ne peut s’agir que d’un appui temporaire et non d’un traitement au long cours. Ecoutez votre médecin, lui seul saura vous aider et vous mettre sur la voie de la guérison. Mais le véritable secret, c’est d’apprendre à vous écouter, à vous faire confiance. Et en cela, les thérapies cognitives et comportementales vous seront d’une grande aide. Pourquoi ne pas les tester ?

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