Vers une alimentation anti cancer ?

Vers une alimentation anti cancer ?

Le mode de vie joue un rôle prépondérant sur les risques de développer des cancers. Et, c’est désormais prouvé, près d’un tiers d’entre eux est directement lié à la nature du régime alimentaire. Comment se protéger par une saine alimentation au quotidien ? Les réponses de nos experts.

Un homme sur deux et une femme sur trois sont concernés par le cancer aujourd’hui en France. En compilant des milliers de publications de recherche, les experts de la santé ont démontré qu’une alimentation équilibrée et variée, la consommation de baies, de choux, d’épices comme le curcuma, de thé vert, d’agrumes ou encore de noix (possédant des propriétés anticancéreuses naturelles) contribuent à réduire les risques de développer un cancer. Prendre conscience du pouvoir des aliments représente donc aujourd’hui une des meilleures armes à notre disposition pour lutter contre ces maladies.

AUGMENTATION DU RISQUE

Si aujourd’hui, de nombreux chercheurs soulignent le lien entre une mauvaise alimentation et cette maladie, c’est parce que trois phénomènes ont participé à la multi- plication des cas de cancers en France et dans le monde :

– L’explosion de consommation de sucres,

– La transformation des méthodes d’agriculture et d’élevage,

– La plus grande exposition à des produits chimiques de toutes sortes.

UNE MALADIE INFLAMMATOIRE

Or, le cancer est en grande partie une maladie inflammatoire car comme le dit le proverbe « nous avons tous un cancer qui sommeille en nous », alors autant ne pas le réveiller. Pour lutter contre ce risque, il faut non seulement suivre des approches médicales conventionnelles mais aussi appliquer le vieux principe hippocratique : renforcer les défenses naturelles de notre corps, bannir les toxiques et « faire de notre alimentation notre meilleur médicament ».

LE RÔLE CLÉ DE L’ALIMENTATION

Même si pour l’Inserm, il n’existe pas à proprement parler d’aliment anti-cancer, seulement des comportements alimen- taires sains à adopter, il y a aujourd’hui une forme d’unanimité à dire l’intérêt d’une alimentation anti-oxydante contre les radicaux libres tout au long de sa vie. L’alimentation représente donc une arme de plus contre le cancer, et non la seule arme contre cette maladie.

Le saviez-vous ?

Pour les spécialistes, au moins 30 % des cancers seraient liés à l’alimentation. Certains aliments consommés régulièrement contribuent à diminuer les risques de développer la maladie.

4 ACTIONS ESSENTIELLES 

  1. La détoxification des substances carcinogènes,
  2. Une alimentation anti-cancer,
  3. L’apaisement de l’esprit et la reprise de contrôle des émotions,
  4. L’activité physique.

UN PLAN D’ACTION EN 4 ÉTAPES

1. La détoxification

La détoxification passe par l’élimination des aliments les moins conseillés ainsi que par la suppression de certaines habitudes.

❚ Eliminer le tabac est évidemment un préambule.

❚ Réduire sa consommation de sucres en particulier rapides est aussi une habitude au long cours. Consommer de préférence avec modération du sirop d’agave, du sucre de coco, du miel d’acacia. Attention, ils contiennent aussi des sucres, or l’objectif est d’éviter les pics d’insuline. Ce point est important car il contribue aussi à aller na- turellement vers son poids de forme. Le

surpoids étant considéré comme une pré- disposition à aller vers l’inflammation et ses risques.

❚ Manger bio est un plus, car les aliments sont effectivement plus sains. Cela ne signifie pourtant pas qu’ils soient plus équilibrés au niveau du rapport Omega 3 et 6. Privilégier l’huile d’olive, de colza, ou les beurres et fromages de la filière Bleu- Blanc-Cœur par exemple est à intégrer dans ses habitudes de consommation. Quant à la viande, les recommandations sont claires : ne pas consommer plus de 500 g de viande rouge et de charcuterie par semaine.

❚ Acheter en préférence les fruits et lé- gumes les moins contaminés en pes- ticides si l’on a le choix : préférer les bananes, oranges, mandarines, ananas, pamplemousses, pastèques, myrtilles aux pommes, poires, pêches, fraises et fram- boises. Idem pour les légumes : préférer les brocolis, choux, champignons, tomates, aubergines, petits pois aux poivrons, hari- cots verts, pommes de terre ou laitue et concombres. Mais attention, le principal reste quand même de consommer des fruits et légumes, quels qu’ils soient.

❚ Au niveau de notre environnement domestique, il convient d’éviter autant que possible les produits de nettoyage à sec, les déodorants contenant de l’aluminium, les cosmétiques contenants des hormones, des parabènes ou pthalates, les insecticides dans la maison, les produits de nettoyage contenant des alkylphénols, ne pas utiliser de poêles en téflon rayé… Autant de conseils relativement simples, qui ne vont pas transformer notre vie de façon drastique. Ce sont de bonnes habitudes et une nouvelle façon d’acheter.

2. La nutrition anti-cancer

Le postulat de base est que certains aliments de notre régime alimentaire servent d’engrais aux tumeurs, tandis que d’autres font le contraire.

Les préconisations des médecins spécialisés et des nutritionnistes sont les suivantes :

❚ Consommer du thé vert.

❚ Privilégier l’’huile d’olive.

❚ Le soja à condition de ne pas en surconsommer.

❚ Le curcuma est un excellent anti- inflammatoire.

❚ Les champignons asiatiques du type Shiitake, Inokitaké ont également une action positive. La pleurote est tout aussi efficace

❚ Les fruits rouges ne sont pas les seuls à détenir de bonnes propriétés anti- oxy- dantes. Pourquoi payer une fortune des baies de goji alors que les prunes, pêches et nectarines ont les mêmes propriétés ?

❚ Utiliser les herbes dans la cuisine telles que menthe, romarin, thym, origan… mais aussi de l’ail et des oignons.

❚ Consommer des choux (famille des crucifères)

❚ Le chocolat noir à 100%

❚ Le vin rouge (1 à 2 verres par jour au maximum).

3. Le contrôle de soi

Le mental joue un rôle primordial dans la méthode anti-cancer. Il est désormais prouvé que les épreuves et traumatismes psychologiques ont une influence sur notre corps, mais chaque individu continue à ré- agir différemment. Car les forces du lien entre mental et corps abondent dans les témoignages.

Diverses méthodes sont explorées en fonc- tion du patient : exercices de respiration, méditation via des méthodes de type yoga, ou de type prière qui ont notamment pour but de parvenir à une régularité cardiaque, la technique EMDR. Le fait d’être entou- ré par des gens qui vous aiment, et par d’autres malades en situation similaire, est aussi un avantage précieux, afin de mi- nimiser autant que faire se peut la sensa- tion paralysante de la peur et au contraire renforcer toute sa force vitale.

4. L’activité physique

L’activité physique fait partie intégrante de toute méthode dite « anti cancer ». Que ce soit à titre préventif, ou en tant qu’ancien malade (mais après consultation de son oncologue), il convient d’avoir une activité. En moyenne, il est recommandé de faire au minimum 150 minutes hebdomadaires d’activité modérée (ou 75 minutes d’activité intense) au total.

Il ne s’agit pas ici de faire preuve de performance mais d’adapter l’exercice à son âge et son état de santé. Bouger permet de réduire la fatigue, mais permet aussi de lutter contre le stress et non moins important, de construire une meilleure image de soi. Les études ont prouvé que la rééducation physique permet de mieux combattre la maladie et il est possible à présent d’avoir des activités adaptées à son état de forme.

Surgélation & cuisson

La surgélation permet de préserver les vertus des aliments à l’exception des Omega 3 des poissons et fruits de mers qui perdent jusqu’à 30% de leur contenu. Quant à la cuisson à la vapeur, elle permet généralement de garder les bons nutriments des aliments. Les méthodes de cuisson à haute température (grillade, barbecue…) sont à éviter au maximum.

Prévention par l’alimentation !

De récentes recherches démontrent que, en plus des fruits et légumes, d’autres aliments tels que le thé vert, le curcuma, le vin, le chocolat contiennent des substances extraordinairement puissantes, capables de bloquer la formation des tumeurs.

A chaque cancer son aliment « défense »

❚ Le thé vert : diminue les risques de cancer colo rectal, cancer de la vessie et cancer de la prostate.

❚ Le soja : diminue les risques de cancer du sein.

❚ Les carottes : diminue les risques de cancer ORL.

❚ Les choux : diminuent les risques de cancer du sein.

❚ L’ail : protège des cancers digestifs.

❚ Le curcuma : diminue les risques de cancer digestif et de la peau

❚ Les aliments contenant du bétacarotène ou de la vitamine C (agrumes) : protègent du cancer de l’œsophage.

❚ Les aliments riches en acide folique (lentilles, épinards) : protègent du cancer du pancréas.

Le régime anti-inflammatoire

Il découle de découvertes de l’impact de certains aliments sur la production de molécules pro-inflammatoires. La découverte d’un marqueur mesurable de l’inflammation dans le sang, la protéine réactive-c, a permis de faire des liens directs entre l’apport de certains nutriments, dont les oméga-3, et le taux d’inflammation. Ce qui explique l’intérêt des régimes au potentiel anti-inflammatoire, prônés par Dr Andrew Weil, le Dr David Servan- Shreiber et, plus récemment, le Dr Serfaty-Lacrosnière.

10 RECOMMANDATIONS

DU FONDS MONDIAL DE RECHERCHE CONTRE LE CANCER

1. Eviter le surpoids IMC entre 21 et 23.

2. Pratiquer une activité physique au moins trente minutes par jour.

3. Eviter les boissons sucrées et limiter la consommation d’aliments à forte densité calorique.

4. Augmenter et varier la consommation de légumes, fruits, céréales complètes, légumineuses et légumes secs.

5. Limiter la consommation de viande rouge et éviter la charcuterie.

6. En cas de consommation d’alcool, se limiter à un verre de vin rouge par jour pour les femmes et deux pour les hommes.

7. Limiter la consommation d’aliments salés ou contenant du sel ajouté.

8. Ne pas prendre de compléments alimentaires sans avis médical.

9. Allaiter naturellement les nourris- sons les six premiers mois.

10. Ne pas fumer.

Vive le régime cétogène !

Ce régime consiste à consommer beaucoup de graisses, suffisamment de protéines et très peu de glucides. Les chercheurs ont démontré que ce type d’alimentation ralentit voire stoppe la croissance des tumeurs, avides de sucre. L’alimentation cétogène renforce les cellules saines de l’organisme, sans profiter aux cellules cancéreuses qu’elle fragilise. Elle améliore le bien-être des malades et augmente l’efficacité des traitements classiques. Facile à mettre en œuvre, elle est sans effets secondaires et sans danger (Editions Thierry Souccar).

Le « bon gras, notre allié

Dans son dernier livre novateur, pratique et accessible (« La santé par le gras » Guy Trédaniel Editeur), le Dr Joseph Mercola nous explique que, contrairement à ce que le corps médical a longtemps supposé, notre santé dépend moins de notre patrimoine génétique que du bon fonctionnement de notre métabolisme. Or, nos régimes habituels, trop riches en glucides (sucres), ne remplissent pas ce rôle, et freinent même nos métabolismes. Adopter un régime cétogène – en remplaçant notamment les glucides par des lipides de qualité – permet au contraire à notre organisme de fonctionner à pleine capacité, de réprimer la maladie et de favoriser la guérison. En effet, les acides gras essentiels ont la capacité d’agir sur les gênes qui commandent l’utilisation du gras comme source d’énergie (la lipolyse), et ce au dépend du sucre.

POUR ALLER PLUS LOIN

« Les clés de l’alimentation anti-cancer » de Jean- Christophe Charrié, Terre Vivante Editions, 23 €.

« La cuisine anti cancer » de David Khayat, Odile Jacob, 24,90 €.

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