Sophie Darel « objectif 100 ans en pleine forme ! »

Sophie Darel « objectif 100 ans en pleine forme ! »

Rencontrer une Sophie Darel plus rayonnante et dynamique que jamais, alors qu’elle a fêté cet été ses 75 ans, a de quoi nous donner immédiatement la pêche et le moral ! Le secret de sa forme ? Incontestablement, sa passion pour son métier, son amour du public et de la vie, mais aussi sa pleine conscience du temps qui passe et de l’importance de savourer l’instant présent.

Quelques mots pour commencer sur votre actualité théâtrale. Vous serez donc de nouveau sur scène en 2020 ?

Sophie Darel : C’est une des grandes joies de mon existence ! Je suis sur scène plus de 100 jours dans l’année, soit dans mon one-woman show, soit au théâtre dans des pièces d’auteurs à succès. Je sors à peine des représentations de « La bonne Anna » de Marc Camoletti, mise en scène par Carole Barbier, dont la dernière a été jouée en décembre 2019. Et je suis en pleines répétitions de « Les trois glorieuses », une savoureuse comédie de Julien Antonin où nous nous retrouvons sur les planches avec mes charmantes consœurs animatrices de la télévision, Danielle Gilbert et Evelyne Leclercq. Il s’agit d’une satire du jeunisme régnant, à l’humour décapant où nous pratiquons toutes les trois avec jubilation l’autodérision, toutes griffes dehors ! Nous démarrons en février/ mars 2020 et serons en tournée dans toute la France jusqu’en 2021.

Vous êtes une artiste complète, tour à tour comédienne, animatrice, imitatrice, chanteuse, auteure… Quel est le fil rouge de cette carrière exceptionnelle de longévité et de succès ?

S.D. : Le fil rouge, que je sois sur scène ou à la maison avec mon mari et mes amis, c’est que j’aime les gens. J’adore leur raconter des choses, rire avec eux. J’ai toujours aimé cela, je suis née pour cela ! Dans ma vie d’artiste, que ce soit à la télévision ou sur les planches, j’ai donc toujours recherché la scène, le contact direct avec les gens, le public. L’écriture, c’est encore autre chose, car j’ai la chance d’être mariée à un homme, Jack Anaclet, qui manie très bien la plume. Moi, j’ai les idées pour mes livres, lui il a le talent d’écriture. C’est donc un vrai duo !

Pourquoi ce nouveau livre et ce titre « Objectif 100 ans… en pleine forme ! » ?

S.D. : Quand on voit l’état de forme de certains centenaires, on constate que les vieux d’aujourd’hui deviennent de plus en plus jeunes, et du coup chacun de nous a, lui aussi, le droit d’y croire ! Ce livre permet de parler de ce qui nous concerne toutes et tous en prenant de l’âge. Mais je ne voulais pas juste publier un livre de recettes personnelles de forme. C’est pourquoi, j’ai demandé à nombre de contributeurs et de modérateurs de dire ce qu’ils pensaient de ma façon de vivre dans cet ouvrage préfacé par le professeur David Khayat. A la fin de chaque chapitre, pour ne pas prendre au premier degré toutes mes résolutions personnelles, des médecins – les Dr Gérald Kierzek, Jean-Michel Cohen, Sylvain Mimoun entre autres des spécialistes chirurgien, dermato, acupuncteur, diététicien, ostéopathe ou génératiste, mais aussi un coach sportif, un pilote automobile, un entomologiste, un anthropologue, un humoriste délirant Raphaël Mezrahi et Brigitte Bardot (en conclusion du chapitre sur les animaux) remettent, avec leurs expertises, les choses dans le bon ordre. Car mes recettes personnelles ne sont pas toutes bonnes à copier ! (rires) Leurs commentaires et nos dialogues n’en sont que plus crédibles pour en faire un livre bourré d’informations enrichissantes, et au final assez sérieux, même s’il ne se prend pas au sérieux et fait souvent sourire aussi.

C’est quoi cependant votre recette personnelle pour rester en pleine forme ?

S.D. : C’est de l’humour avant tout ! J’essaye de rire le plus souvent possible. Mais c’est aussi de travailler, d’être sans cesse en action et en mouvements. Il est vrai que j’ai la chance de faire le métier qui me passionne depuis toujours et d’avoir toujours pu en vivre. Mais je reviens sur l’humour qui est pour moi capital, comme la positivité et l’optimisme. Nous pouvons tous avoir des hauts et des bas dans nos existences, mais il faut s’efforcer de prendre ce qui nous arrive avec recul, philosophie, et même humour, dans la mesure du possible. C’est également important de bien manger, bien dormir mais aussi de bouger et de rester en mouvements. Même si l’on est à la retraite, il y a mille façons de rester actif, ne serait-ce qu’en s’occupant de ses petits-enfants ou en donnant de son temps à des associations. Il faut enfin toujours avoir de nouveaux projets, car ce sont eux qui nous motivent et qui nous portent vers l’avenir. Comment vivre si on n’a plus de projets ? On peut être pleinement lucide sur son âge, ce qui est mon cas, sans en faire une obsession. Moi, je n’y pense pas trop, car ma philosophie, c’est qu’il faut profiter de l’instant, faire des fêtes avec les gens qu’on aime et rigoler !

A quoi ressemble une journée type de Sophie Darel ?

S.D. : Quand je suis au théâtre, je me lève. Mais il faut savoir que je ne suis pas du matin. Donc quand je ne suis pas obligée de me lever, je reste dans mon lit et je fais plein de choses : je passe des coups de fil, j’écris et je réponds à mes mails, je lis, je regarde des émissions en replay. Je suis toujours très active, voire hype- ractive-insomniaque. Et j’adore être débordée ! (rires)

Est-ce aussi parce que vous avez été touchée par le cancer que vous êtes plus combattive ou est-ce dans votre nature profonde ?

S.D. : C’est vrai que nombre de mes lecteurs ou des personnes dans le public que je rencontre et qui savent que je reviens de très loin, me demandent souvent : « après avoir vaincu trois cancers, vous ne changez pas, dites- moi comment vous faites ! ». Eh bien, je crois que quand on a eu de gros soucis de santé et que l’on est toujours en vie, on se rend compte de la chance que l’on a : avoir un toit sur la tête, des êtres qui nous entourent et qui nous aiment. Alors, on se doit d’être tout le temps content ou on devrait l’être ! Les soucis du quotidien, nous en avons tous, mais ils doivent nous aider à prendre du recul. Mon ex-mari, Bernard Golay, est mort d’une leucémie foudroyante, ça a été une épreuve terrible mais ça m’a aussi permis de relativiser. Si on a la chance de ne pas être malade, il faut se réjouir de tout ce que l’on a et res- ter résolument optimiste.

Quel est votre rapport au temps qui passe, comment vivez-vous les signes de l’âge ?

S.D. : Ils ne sont pas importants mais je ne m’en fiche pas non plus complètement. J’ai une philosophie, j’essaye de corriger ce qui peut me gêner. Je n’ai jamais caché avoir fait de la chirurgie esthétique, car ce qui compte pour moi, c’est de me sentir bien dans ma peau. Vous ne pouvez pas imaginer les réactions négatives et même les insultes que cela a entraîné sur les réseaux sociaux ! Je me suis rendue compte qu’il y a en France un vrai rejet de la chirurgie esthétique, c’est tabou. Pour les gens, il ne faut pas en parler. Pourtant, nous sommes certainement le pays qui pratique le plus d’actes de ce type avec les Etats- Unis. Autant, on admet facilement que des hommes se fassent ajouter des cheveux sur le crane, autant ça passe moins dès qu’une femme se lance dans un lifting, une opération des paupières ou même simplement des injections. Quand on a envie de le faire et qu’on a le budget pour, moi je dis qu’il ne faut pas hésiter. Dans mon cas, ce n’est pas pour rester jeune, c’est juste pour me sentir bien dans ma tête et dans ma peau. Je sais très bien que je n’aurais plus jamais l’air d’avoir 30 ou 40 ans ! Mais quand on a toujours les yeux cernés ou des poches, ça donne un air maladif. Alors, autant y remédier pour se donner un petit coup d’éclat. Quant à ma bouche, c’est le comble ! Tout le monde croit que j’ai fait quelque chose, mais je n’y ai jamais touché, car elle est naturellement pulpeuse ! (rires)

On a l’impression avec vous qu’aucun sujet n’est tabou, notamment celui de la sexualité des seniors. L’amour, la tendresse, sont-ils également essentiels selon vous pour vieillir en bonne santé ? Vous êtes d’ailleurs mariée à Jack depuis 38 ans !

S.D. : C’est évident ! L’amour, la ten- dresse sont tout aussi essentiels que la sexualité, et c’est vrai à tout âge ! Bien s’entendre, être bien ensemble, à deux, c’est très important. Et quand l’un des deux est confronté à la ma- ladie, ça permet d’affronter cette épreuve plus facilement. C’est vrai que nous sommes mariés depuis 38 ans avec Jack. Il est à côté de moi et pourra vous le confirmer : je crois que je suis relativement facile à vivre et je n’aime pas les conflits. Et si je me mets en colère, c’est non seulement exceptionnel, mais en plus ça ne dure pas, car je n’ai pas du tout de méchanceté en moi. Ce n’est pas facile de vivre à deux, de faire durer son couple, cela demande des efforts de chaque côté, mais aussi des attentions et beaucoup de communication. Je vous dis cela, mais en fait, je n’ai jamais vécu toute seule dans ma vie ! Sans compter qu’il y a toujours plein de monde à la mai- son, j’aime ces contacts permanents, cuisiner et préparer des dîners pour et avec les gens que j’aime.

Que pensez-vous de cette vague de jeunisme qui sévit à la télévision ?

S.D. : C’est grotesque ! C’est quoi ce racisme envers des gens qui ont des cheveux blancs ? Il y a de la place pour tout le monde à la télévision, comme dans le monde du travail en général, des jeunes comme des moins jeunes. L’un n’empêche pas l’autre. Quand je pense à tous ces gens de grand talent et à forte audience que cette patronne de chaînes du service public a virés, c’est hallucinant ! J’ose espérer que l’expérience a encore de la valeur dans notre pays. Heureusement, ce n’est pas pareil partout et nombre d’entre- prises, à la télévision comme ailleurs, font travailler ensemble des équipes mixant des jeunes et des aînés qui s’enrichissent mutuellement.

Vous présentez chaque année l’élection de la « Super Mamie » ? Pourquoi cet investissement auprès de Fabienne Ollier, la créatrice du concours ?

S.D. : Fabienne m’a proposée il y a presque 15 ans de faire partie du jury. J’ai adoré l’expérience, je me suis mise à présenter le concours et je ne l’ai plus quitté. J’y rencontre des super mamies qui sont souvent bien plus jeunes que moi ! Sachant que je ne suis pas grand-mère car je n’ai pas eu d’enfants. Ce qu’il y a de génial et de très émouvant dans ce concours, c’est qu’on y rencontre des mamies de 40 à plus de 90 ans qui sont toutes au top ! Je trouve que ça dépoussière l’image, aujourd’hui complètement dépassée et révolue, de la mamie qui passe son temps à faire des confitures.

Les femmes et les hommes sont-ils égaux face à l’âge ? Est-ce plus difficile de vieillir pour une femme ou les mentalités sont-elles en train de changer ?

S.D. : Ça ne change pas du tout ! La majorité des gens trouve toujours qu’un homme qui vieillit a plus de charme, que les tempes grisonnantes lui vont bien. On n’utilise pas souvent ce genre de qualificatifs positifs pour les femmes ! Pourtant, les hommes aussi font des soins de beauté et de la chirurgie esthétique. Mais ils n’en parlent pas, de peur que ça ne fasse pas assez viril. C’est clair, les gens sont toujours plus durs quand ils parlent du physique d’une femme qui vieillit.

Comment résumeriez-vous votre philosophie de vie aujourd’hui ?

S.D. : Il faut profiter de la vie, bordel ! (rires) Profitez-en vite car le temps passe très et trop rapidement ! Et puis il faut arrêter de se projeter en permanence. On est là, ensemble, maintenant. On verra bien ce qui se passera après ! Il peut arriver tellement de choses, qu’il vaut mieux savourer le moment présent. Amusez-vous, riez, organisez des fêtes. Et puis surtout, aimez-vous et aimons-nous les uns les autres !n

SON DERNIER LIVRE

Sa vision positive de la vie

Cet ouvrage est tout le contraire d’un livre for- maté de conseils ! Ici, c’est un autre langage. Des chapitres flash,
écrits sur un coin de table, des notes prises à la volée dans la rue, en voiture, au restau, dans son couple… mais aussi de vrais sujets et des rencontres passionnantes avec des gens de la vie et des experts concernés par les thèmes abordés. Nombre des lecteurs de Sophie Darel, qui savent qu’elle est revenue de très loin, lui demandent souvent « après avoir vaincu trois cancers, vous ne changez pas, dites-moi comment vous faites ! ». Ils trouveront dans le livre de Sophie Darel, préfacé par le professeur David Khayat, les réponses qu’ils attendent. Voici sa vision d’un bien vivre qui lui ressemble, avec la belle humeur et le bel humour qui l’ont faite telle qu’elle est.

« Objectif 100 ans… en pleine forme ! » par Sophie Darel, Ramsay, 240 p., 19 €.

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